ARNAUD DUBOIS
Il est une tendance à penser que la frénésie animant les échanges commerciaux artistiques n’est que le reflet de notre époque. Il n’en est rien : depuis fort longtemps les œuvres d’art sont acquises, transmises, échangées pour des raisons artistiques, sociales et financières. L’objectif de l’acheteur doit être une évidence. Lorsque celui-ci est collectionneur, son regard est davantage porté sur l’objet de désir que sur son prix. A contrario, un investisseur ne doit jamais perdre de vue la problématique de la revente. Dans ce cas, les œuvres d’art doivent être envisagées à l’aune du placement uniquement, c’est-à-dire “décorrélées” de toute considération artistique. Un compromis est possible. Combiner le placement et la passion est tout à fait envisageable. N’oublions pas que de merveilleux investissements en art ont été réalisés par des collectionneurs passionnés pour lesquels la question de la rentabilité n’était que secondaire.
Plaisir artistique et esthétique, la possession d’œuvres d’art permet d’affirmer une position sociale ; leurs échanges sont associés à la recherche de la plus-value, leurs amoncellements à un passeport pour l’éternité.